À La Gaillarde, en Seine-Maritime, Paul Lheureux est associé avec son frère Simon et son cousin Grégoire sur une exploitation de polyculture-élevage. L’exploitation associe élevages porcin et bovin, ainsi que des cultures de céréales, de lin textile, de betteraves sucrières et de pommes de terre. Face au vieillissement de leur maternité et à un historique sanitaire devenu contraignant, les trois associés ont fait un choix fort : reconstruire leur naisseur et réaliser un dépeuplement-repeuplement complet.
SCEA Beaulieu : quel contexte ?
200 truies
Naisseur – Engraisseur
7 bandes – 28 jours
Dépeuplé-repeuplé en 2026
Génétique : Vénus & Piétrain Saphir Axiom
Polyculture et polyélevage
2 associés
Pourquoi réaliser un dépeuplement-repeuplement en élevage porcin ?
Le projet ne s’est pas limité à une simple rénovation des bâtiments. Au moment du changement de génération, les associés se sont interrogés sur la place de la production porcine au sein de leur système de polyculture-élevage.

Réévaluer le contexte d’élevage
Les synergies entre les cultures et l’élevage ont largement pesé dans la balance : fabrication de l’aliment à la ferme (FAF), autonomie en céréales, valorisation des effluents sur les terres de l’exploitation… Autant d’atouts qui ont convaincu le trio de poursuivre l’activité.
L’aspect humain a également été déterminant. L’exploitation dispose d’un responsable d’élevage expérimenté et performant, en qui les associés ont toute confiance.
Le choix est alors rapidement apparu comme une évidence : reconstruire un naisseur moderne, intégrant les nouvelles exigences de bien-être animal, tout en profitant de cette transition pour repartir sur des bases sanitaires totalement assainies.
Repartir avec un troupeau sain
Pour Paul Lheureux, le principal intérêt du dépeuplement-repeuplement est clair : repartir avec un troupeau totalement assaini.
L’opération consiste à vider intégralement l’élevage, nettoyer et désinfecter l’ensemble des bâtiments avant d’introduire un nouveau troupeau à haut statut sanitaire.
Cette démarche représente plusieurs semaines d’un travail particulièrement exigeant : nettoyage des salles, curage des fosses, désinfection complète des locaux et remise en état des installations.
« C’est beaucoup de travail physique, mais on sait pourquoi on le fait », résume l’éleveur.
Avant toute opération de dépeuplement-repeuplement, un audit complet de l’exploitation est réalisé. Il porte sur le statut sanitaire, l’état des bâtiments, les performances techniques, l’environnement de l’élevage, les aspects économiques ainsi que le niveau de biosécurité. Cette phase d’analyse permet de vérifier que toutes les conditions sont réunies pour assurer la réussite du projet.


La préparation du projet, une étape clé
Entre les premiers plans et l’arrivée des premières cochettes, plus de deux ans se sont écoulés.
Cette période a permis de construire le projet étape par étape, d’anticiper les différentes interventions et de préparer les équipes. Les échanges avec d’autres éleveurs ayant déjà réalisé un dépeuplement-repeuplement ont également joué un rôle majeur.
« Nous leur avons demandé s’ils regrettaient leur choix. Aucun ne nous a répondu oui. »
L’objectif n’est pas uniquement d’assainir un élevage, mais bien d’organiser une véritable “renaissance” de l’exploitation, en repensant simultanément les bâtiments, les pratiques d’élevage, la biosécurité et les performances futures.
Pour mener une telle opération, l’accompagnement technique est indispensable :
- Le vétérinaire de l’élevage, membre du réseau Cristal, a accompagné les associés tout au long de la démarche.
- Axiom a assuré la préparation du repeuplement avec le multiplicateur afin que les cochettes arrivent pleines au bon moment.
- Agrial, la coopérative, le réseau Cristal, les entreprises intervenant sur les bâtiments ainsi que les différents partenaires techniques ont également participé au projet.
« Le suivi ne s’arrête pas après l’introduction des animaux : les équipes techniques continuent de nous accompagner pendant les premiers cycles de production. »


Après le repeuplement : premières étapes de la remise en production et premiers bénéfices visibles
Les deux premières mises bas nécessitent une attention particulière. Les cochettes doivent gagner en maturité et le troupeau doit retrouver progressivement son rythme de croisière. Il s’agit d’apporter une grande vigilance au comportement des animaux ainsi qu’aux problématiques sanitaires : plus le statut sanitaire de l’élevage est haut, plus il demandera de vigilance.
« Le moindre petit problème sanitaire s’exprime davantage. »
Les spécialistes estiment généralement qu’il faut attendre plusieurs cycles de reproduction avant que le troupeau atteigne son plein potentiel. Les performances techniques progressent au fur et à mesure de la montée en âge des truies et de la stabilisation sanitaire du cheptel.
Des bénéfices qui dépassent le sanitaire
Le maintien de la génétique Axiom Vénus a facilité la prise en main du nouveau troupeau par le responsable d’élevage. L’ensemble des facteurs, à savoir la diminution des vaccinations et des interventions sanitaires ainsi que les nouveaux bâtiments, assure un gain de temps important et répond pleinement aux attentes actuelles en matière de bien-être animal.
Pour Paul Lheureux, il s’agit également d’accéder à de nouveaux débouchés commerciaux grâce à ces investissements.
Les retours d’expérience recueillis auprès de nombreux élevages ayant réalisé un dépeuplement-repeuplement montrent également des gains techniques durables : amélioration des performances de reproduction, réduction de la mortalité, baisse des traitements antibiotiques, diminution des coûts vétérinaires et amélioration de l’indice de consommation. Plusieurs éleveurs évoquent un véritable changement de confort de travail et une plus grande sérénité au quotidien.
Biosécurité : préserver les bénéfices du dépeuplement-repeuplement

Un projet auquel il faut croire
Le principal défi commence finalement après le repeuplement.
Pour conserver le statut sanitaire obtenu, les règles de biosécurité doivent être appliquées avec une très grande rigueur : contrôle des accès, changement de tenue, gestion des flux de personnes et de matériels, nettoyage systématique des locaux…
Les vétérinaires insistent sur le fait que le succès d’un dépeuplement-repeuplement ne dépend pas uniquement du nettoyage initial. Il repose aussi sur le respect quotidien des règles de biosécurité, la gestion des quarantaines, la maîtrise des transports d’animaux et l’implication de l’ensemble des intervenants de l’élevage. Sans cette discipline collective, le bénéfice sanitaire peut rapidement être compromis.
Avec encore peu de recul technique, Paul Lheureux ne regrette pas son choix.
Pour lui, la réussite repose avant tout sur la qualité de l’accompagnement et sur l’implication des équipes.
« Ce n’est pas un projet infaisable. Il faut être bien entouré, y croire et s’investir pleinement. Comme dans tous les grands projets, la réussite dépend avant tout de l’implication de chacun. »
L’expérience d’Axiom : les raisons d’un accompagnement pertinent
Depuis plus de vingt ans, AXIOM développe une expertise reconnue en dépeuplement-repeuplement, en collaboration avec groupements, vétérinaires et éleveurs multiplicateurs. Cette démarche a permis d’assainir tous ses élevages de sélection et d’accompagner près de la moitié de ses multiplicateurs.
AXIOM a ensuite étendu son offre aux élevages de production pour améliorer durablement leurs performances, en s’appuyant notamment sur des partenariats avec des élevages proposant des cochettes pleines, garantissant un retour en production rapide et sécurisé.
UNIQUE
Axiom est la seule entreprise de sélection porcine capable de proposer, en routine, des peuplement en cochette pleines
85 %
De nos élevages sont assainis depuis plus de 10 ans
70
Elevages dépeuplés-repeuplés en génétique Axiom
La cochette bien-être Vénus : un animal facilitateur
« Bien que souvent sous-estimé, la génétique peut impacter la dynamique de reprise qui suit un dépeuplement-repeuplement. » Charles-Edouard, technico-commercial du Groupe Axiom
Le choix de la génétique contribue aussi à faciliter le redémarrage de l’élevage. La cochette bien-être Vénus constitue à ce titre un sérieux atout grâce à son autonomie et à ses qualités comportementales.
Facile à conduire et adaptée aux nouvelles pratiques d’élevage, elle permet aux équipes de reprendre plus rapidement leurs repères avec le nouveau cheptel. Son comportement contribue à limiter les interventions et à apporter davantage de sérénité au quotidien, un bénéfice particulièrement appréciable dans les premiers mois, lorsque l’éleveur doit simultanément sociabiliser de nouveaux animaux et potentiellement s’habituer à de nouveaux bâtiments.
Dans le cas de la SCEA Beaulieu, conserver la Vénus, déjà bien connue du responsable d’élevage et de son équipe, apporte une continuité précieuse au cœur d’un projet qui transforme profondément l’exploitation.