29 janvier 2026

[Zoom 16] Gérer son dépeuplement – repeuplement

Expertise proposée par Axiom depuis plus de 20 ans, le dépeuplement-repeuplement est une opération complexe, mais nécessaire afin de retrouver des performances élevées après une dégradation du sanitaire, ou à l'installation d'un jeune dans un élevage. Via ce Zoom #16, nous faisons le point sur les bonnes pratiques à adopter, les règles à respecter et laissons la parole à de multiples éleveurs et experts pour partager cette belle expérience.

SOMMAIRE

Le dépeuplement – repeuplement

Pourquoi ?

C’est une stratégie sanitaire utilisée pour éliminer les maladies les plus persistantes dans un troupeau, comme la dysenterie porcine ou le SDRP. Il s’agit de retirer tous les animaux d’un site, afin de le nettoyer, de le désinfecter puis de créer un vide sanitaire pour en supprimer les agents pathogènes. Une fois le site assaini, nous introduisons des porcs provenant d’élevages certifiés indemnes, ce qui permet de repartir sur une base saine. Il n’y a pas de méthode plus efficace pour améliorer durablement le statut sanitaire et les performances de production.

Quelle est l’expérience d’Axiom ?

Depuis plus de vingt ans, AXIOM développe une expertise reconnue en dépeuplement-repeuplement, en collaboration avec groupements, vétérinaires et éleveurs multiplicateurs. Cette démarche a permis d’assainir tous ses élevages de sélection et d’accompagner près de la moitié de ses multiplicateurs.
AXIOM a ensuite étendu son offre aux élevages de production pour améliorer durablement leurs performances, en s’appuyant notamment sur des partenariats avec des élevages proposant des cochettes pleines, garantissant un retour en production rapide et sécurisé.

Axiom est la seule entreprise de sélection porcine capable de proposer, en routine, des peuplement en cochette pleines

De nos élevages sont assainis depuis plus de 10 ans

Elevages dépeuplés-repeuplés en génétique Axiom

Dans quel cas faut-il dépeupler ?

Bien que cela soit principalement une stratégie de gestion des risques sanitaires, le dépeuplement-repeuplement peut également être très pertinent dès qu’il est préférable de repartir sur des bases vierges (installation d’un jeune, travaux, etc.).

A cause de résultats dégradés par le sanitaire

  • GMQ sevrage-vente < 700 g,
  • pertes sevrage-vente > 6 %,
  • Frais de santé/truie > 180 €,
  • IC sevrage-vente > 2,8,
  • Plan de prévention vaccinal important.

Pour un projet de rénovation ou de construction

  • facile et efficace sans animaux,
  • pas de pertes (productions, etc.) liées aux travaux,
  • amortissement plus rapide par un troupeau assaini.

Pour un projet d’installation d’un jeune

  • Opportunité pour acheter des bâtiments vides,
  • Temps disponible pour revoir la biosécurité, les travaux, etc,
  • S’installer dans des conditions optimales.

Expertise en cochettes pleines avec la SCEA Elevage du Guigeois

Témoignage de Lucas Leblatier

« Nous réalisons ces opérations depuis 2004, c’est-à-dire 20 ans d’activités […] L’élevage en est arrivé à 70 élevages repeuplés par notre méthode historique avec le groupement »

330 truies

Multiplicateur

5 bandes – 21 jours

20 ans d’expérience

70 élevages repeuplés

Génétique : Large-white et Landrace

Pourquoi se tourner vers le dépeuplement-repeuplement ?

«Le dépeuplement-repeuplement permet de repartir d’une page blanche, d’assainir complètement l’élevage et de remettre en place un troupeau sain. Cela corrige les problèmes sanitaires accumulés, réduit la mortalité et sécurise la conduite de l’élevage. C’est aussi le moment idéal pour changer de génétique et laisser la sélection exprimer son plein potentiel. À l’international, où la mortalité des truies peut dépasser les 10 à 15 %, c’est un vrai avantage ! »

Quelles sont les étapes nécessaires avant de l’envisager ?

« Avant de dépeupler, nous réalisons un audit complet : nous analysons les performances techniques, la chaîne de bâtiments et leur capacité à maintenir un haut niveau sanitaire, l’environnement externe et la proximité des autres élevages. Nous évaluons également le statut sanitaire actuel, les risques, et l’impact économique de l’arrêt temporaire de production. Une fois ces éléments validés, nous pouvons décider du dépeuplement avec un planning et une méthodologie clairs pour garantir un redémarrage optimal. »

Quelle est ton expérience ? Cela a-t-il évolué ?

« Nous réalisons ces opérations depuis 2004, c’est-à-dire 20 ans d’activités de multiplication et de dépeuplement-repeuplement. L’élevage en est arrivé à 70 élevages repeuplés par notre méthode historique avec le groupement. Très peu de choses ont changé car la préparation de la mise à la reproduction d’une cochette doit être maîtrisée et doit suivre des critères très précis, ce sont des choses que nous maîtrisons très bien aujourd’hui et que nous faisons très peu évoluer. »

A quoi dois-tu faire attention ? Quels bénéfices vois-tu dans cette stratégie sanitaire ?

« La seule chose qui peut varier, c’est le niveau d’alimentation des cochettes en fonction de l’évolution génétique. Ce sont des choses que nous suivons de très près pour avoir toujours les mêmes gabarits et les mêmes poids à l’IA. »

Expertise & gestion sanitaire

Par Charles Lavieille, chargé d’inspection sanitaire, Terrena

Quelle est l’approche globale du Groupement Terrena ?

« Le concept d’émergence consiste à considérer le dépeuplement-repeuplement comme une véritable renaissance de l’élevage. Nous partons d’une base assainie (élevage neuf ou racheté, puis vidé), et nous appliquons une méthodologie complète : étude technique des bâtiments, cohérence de la chaîne de production, bilan sanitaire, mesures de biosécurité, etc. Cela allège les plans de vaccination, limite les risques environnementaux et préserve les performances animales. »

Quel est l’historique du groupement sur le dépeuplement-repeuplement ?

« Les premières réflexions remontent aux années 2000, en nous inspirant des méthodes de l’Anses pour maintenir un niveau sanitaire exceptionnel. Notre premier site neuf sous air filtré a vu le jour en 2002, pour accueillir des porcelets assainis. Dès 2005, trois sites de multiplication avaient déjà été dépeuplés et repeuplés sous air filtré avec l’intégration des élevages naisseurs-engraisseurs en parallèle dans le programme. Aujourd’hui, nous en sommes à notre 70e élevage. »

Quels en sont les facteurs de décision ?

« La décision repose sur trois piliers : le sanitaire, la technique et l’économie. Sur le plan sanitaire, il s’agit de protéger l’élevage contre les pathogènes et de sécuriser le statut sanitaire. Sur le plan technique, la cohérence des bâtiments, les performances animales et la disponibilité de la main-d’oeuvre sont déterminantes. Enfin, l’aspect économique, lié à l’arrêt temporaire de production, est compensé par un retour rapide en performance et en rentabilité grâce à un troupeau sain et homogène. »

Par Dominique Marchand, Dr vétérinaire chez Épydalis

Quand doit-on dépeupler-repeupler ? Pour quelles raisons ?

« Le dépeuplement-repeuplement peut s’imposer face à l’apparition de maladies (PPA, la fièvre porcine, etc.) ou pour limiter les impacts de pathologies récurrentes sur le troupeau. Ainsi, nous évitons la propagation de germes et on optimise la croissance et la productivité des animaux ; amenant à une réorganisation des pratiques, et finalement une réduction de la charge de travail liée à la gestion des maladies chroniques. »

Quel est l’objectif ? Quelles sont les maladies éradicables ?

« On cherche avant tout à retrouver un élevage sain et performant. La chasse aux maladies digestives et infections respiratoires majeures : Lawsonia, Mycoplasme et l’Actinobacille, etc., va permettre de réduire la mortalité tout en simplifiant la conduite sanitaire. Certaines maladies, comme le SDRP, peuvent être éradiquées grâce à une bonne quarantaine et des introductions maîtrisées, et même si d’autres ne peuvent être totalement éliminées (salmonelle, etc.), leurs impacts peuvent être fortement réduits par la gestion de l’environnement et la biosécurité. »

Y a-t-il des règles à respecter ? Quels sont les facteurs clés de réussite ?

« Sa réussite repose sur des règles strictes de biosécurité et sur une planification rigoureuse. Il est essentiel de maintenir un vide sanitaire suffisant, de ne pas réintroduire de matériel ou de personnel commun avec l’ancien troupeau, et de procéder à un nettoyage et une désinfection complets des bâtiments. Parmi les facteurs clés de succès, on retrouve l’adhésion de l’équipe, la clarté des objectifs, la cohérence entre moyens disponibles et ambitions sanitaires, ainsi que le suivi régulier après le repeuplement pour détecter rapidement toute infection émergente. »

Cas concret internationaux

Situation d’un élevage dépeuplé-repeuplé en Hongrie

4 000 Ha

810 cochettes

Cochette Large-White & Adénia

Repeuplé en septembre 2024

Sanitaire – éradication SDRP

4 000 Adénia par an

Une belle réussite pour ce dépeuplement-repeuplement !

« Le repeuplement a été réalisé en septembre 2024 sur une ferme entièrement vidée et remise à neuf. Au total, 810 cochettes ont été introduites : 550 cochettes Large White issues de l’élevage Ker Angel (Laurent Dartois) et 260 cochettes Adénia provenant de la SCEA du Guigeois (Lucas Leblatier). Avant leur entrée, tous les animaux ont été testés négatifs pour les principales maladies d’enjeux sanitaires : Aujeszky, PRRS, APX-IV, Mycoplasma, Influenza A (grippe porcine), Brucella et Pasteurella multocida toxine A (PCR), garantissant un repeuplement dans des conditions sanitaires optimales.


Grâce à cette opération structurée et sécurisée, les premières livraisons aux clients ont pu débuter en novembre 2025, avec une capacité de production à 4 000 Adénia/an actuellement, qui pourrait fortement augmenter dans les prochaines années. »

Témoignage de Cyril Le Moal, commercial Axiom

Quelques autres élevages dépeuplés-repeuplés

En espagne

Volume de 90 000 truies

Sanitaire – éradication SDRP

Passage en génétique Axiom

Repeuplé en fin 2024

2 élevages repeuplés

En Bosnie

900 truies

Repeuplé en 2024

Sanitaire – recomposition Post-FPA

Aux Pays-bas

1 600 truies

Repeuplé en 2025

Sanitaire – Amélioration globale

Les résultats sur 4 ans ?

Une étude sur 31 élevages dépeuplés et repeuplés montre l’évolution des résultats techniques entre 2 périodes, 2 ans avant et 2 ans après repeuplement :

Bénéfices sur un atelier de 250 truies productives (moyenne GTE sur 31 élevages)

Indicateurs GTEEvolution (sur 4 ans)Marge
Porcs produits par truie et par an+ 2,658 663 €*
IC technique 30-115 (kg/kg)– 0,193 271 €
GMQ technique 30 -115 (gramme/j)+ 63
Poids froids carcasse (kg)+ 2,314 039 €*
Taux de pertes sevrés vente (%)– 2,5
Taux de pertes truie (%)– 1842 €*
Dépenses de santé (€/truie)– 30 7 500 €*
Marge supplémentaire annuelle (€/an)119 313 €*
*Coût de Kg de croît supplémentaire inclus, à partir des données de référence ci-dessous :
Poids de carcasse (kg)Prix payé (€)Plus-value (€)Prix moyen aliment (€/kg)Nb moyen porc vendu / truieCoût kg croissance (€/kg)
95 Kg1,70 €0,15 €0,33 €25,70,90 €

L’évolution est particulièrement marquée pour les critères de productivité, indice, pertes et dépenses de santé.


L’utilisation du repeuplement dans le cadre d’une restructuration d’élevage, ou de performances techniques insuffisantes, se traduit donc systématiquement par une amélioration des performances techniques. Pour l’éleveur, ces améliorations se répercutent directement sur ses résultats économiques, avec une marge supplémentaire significative de 119 313€ annuels.


Mais plus que l’amélioration des résultats, le dépeuplement-repeuplement peut aussi avoir des retombées positives au-delà des attentes, comme l’expriment Mickaël Guilloux, Mathieu Couillard et Benoît Dutertre en page suivante.

Les témoignages de la table ronde

Mickael Guilloux, éleveur en Mayenne (53)

Portrait de Mikael Guilloux, gérant d'un élevage en Mayenne, ayant fait appel à l'expertise Axiom pour le dépeuplement - repeuplement.

230 truies

Naisseur engraisseur

En 2015, Mickaël a choisi de dépeupler pour repartir sur des bases sanitaires neuves, profitant de l’agrandissement et de la restructuration de son élevage. Malgré la charge de travail liée aux travaux et à la réorganisation, le projet a été un succès : les performances se sont nettement améliorées, avec 29 porcs vendus par truie contre 24,9 auparavant, une amélioration de l’IC et des frais vétérinaires divisés par trois.


La réduction des vaccinations et la suppression des antibiotiques de routine ont également simplifié la gestion sanitaire : « c’est le jour et la nuit : plus d’interventions imprévues, plus de sérénité au quotidien », avec une cohérence des bâtiments retrouvée et une organisation du travail plus efficace.

Mathieu Couillard, éleveur dans la Manche (50)

Portrait de Mathieu Couillard, gérant d'un élevage dans la Manche, ayant fait appel à l'expertise Axiom pour le dépeuplement - repeuplement.

600 truies

Naisseur engraisseur

Lors de son installation en 2009, Mathieu Couillard a été l’un des premiers à intégrer la démarche de dépeuplement-repeuplement. Son élevage, alors de 400 truies, a été entièrement réorganisé et mis aux normes pour atteindre 600 truies sans dégrader le statut sanitaire. Le repeuplement s’est fait avec des cochettes pleines de la SCEA élevage du Guigeois et des cochettes pures de son sélectionneur pour l’auto-renouvellement.


Les résultats ont été rapides et significatifs : frais vétérinaires divisés par deux, IC réduit de 0,1 point et retour sur investissement en deux ans. Seize ans après, l’éleveur considère l’expérience pleinement réussie, le sanitaire étant durablement sécurisé et les performances techniques maintenues.

Benoit Duterte, éleveur dans le Pas-de-Calais (62)

Portrait de Benoit Duterte, gérant d'un élevage dans la Pas-de-Calais, ayant fait appel à l'expertise Axiom pour le dépeuplement - repeuplement.

240 truies

Naisseur engraisseur

Benoît Duterte a profité d’un projet de reconstruction de son élevage en 2022 (nouvelles gestantes et maternités, modernisation partielle du PS-engraissement) pour dépeupler et repartir sur un troupeau avec un sanitaire stable. Le repeuplement s’est fait avec des cochettes pleines et vaccinées selon un plan sanitaire adapté.


Les résultats ont dépassé ses attentes : forte amélioration des croissances (un gain de deux semaines en engraissement), suppression des vaccins pour les porcelets et production dans un environnement assaini. Benoît témoigne : « Je pensais gagner une semaine de croissance, j’en ai gagné deux ! », soulignant la réussite technique et sanitaire de cette démarche.

Quels bénéfices ?

Elevage de 250 truies : quel retour sur investissement ?

En fonction du contexte et du prix de vente, le retour sur investissement (ROI) d’une opération de dépeuplement-repeuplement peut être extrêmement rapide :

Simulation du ROI (prix de vente à 1,890 €)

Prix de vente1,890 €
Nouveau prix d’équilibre1,503 €
Différence prix de vente / Prix d’équilibre0,387 €/kg
Gain annuel lié à l’opération274 727 €
Soit par truie et par an928 €
Coût du dépeuplement repeuplement258 464 €
Durée* pour rentabiliser l’opération1
*En année, sans puiser dans la trésorerie

Simulation du ROI (prix de vente à 1,615 €)

Prix de vente1,615 €
Nouveau prix d’équilibre1,503 €
Différence prix de vente / Prix d’équilibre0,112 €/kg
Gain annuel lié à l’opération79 600 €
Soit par truie et par an269 €
Coût du dépeuplement repeuplement258 464 €
Durée* pour rentabiliser l’opération3,2
*En année, sans puiser dans la trésorerie
Axiom
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